La Contre-Réforme catholique au XXe siècle
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LA BIENHEUREUSE DINA BÉLANGER
SŒUR MARIE SAINTE-CÉCILE DE ROME

I. “ JE TE VEUX À JÉSUS-MARIE. ”
(1897-1924)

Famille Bélanger

Famille Bélanger

C‘EST le 30 avril 1897, qu’est née et a été baptisée à Québec Dina Bélanger. Ses parents, Octave et Séraphia Bélanger, ont bien des ressemblances avec ceux de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus  : même milieu bourgeois, et surtout même foi et mêmes vertus qui imprègnent l’atmosphère de la petite maison de la rue du Roi à Québec. Un petit frère naîtra un an et demi plus tard, mais mourra peu de temps après  ; Dina restera donc fille unique et sera le bonheur de ses parents sans aucune ombre.

Elle fait preuve d’un caractère tenace et volontaire, ce qui ne l’empêche pas de montrer une piété précoce  : dès l’âge de deux ans, elle sait le Je vous salue, Marie et sa plus grande joie est de réciter l’angélus  ! Solitaire de nature, elle est méditative. Ses parents remarquent l’impression que lui font les récits pieux qu’ils lui lisent  : elle n’a pas encore six ans qu’elle peut méditer de longs moments sur la Passion de Jésus.

Passons vite, trop vite, sur son enfance heureuse et choyée. Notons tout de même qu’à sept ans, elle suit pour la première fois une retraite au couvent de la Congrégation Notre-Dame, son école. Elle s’y sent tellement attirée par Jésus qu’elle pense en mourir au point d’être naïvement étonnée de se trouver encore en vie le lendemain matin.

LES SUAVES PAROLES DE JÉSUS

Dina BélangerElle fait sa première communion le 2 mai 1907, à 10 ans. Elle jouit alors de la présence divine de Jésus en elle. Cependant, il est remarquable qu’elle ne s’y complaise pas  ; au contraire ces grâces provoquent la ferme volonté de se corriger de ses défauts, notamment de la vanité, et de pratiquer davantage la charité. Le 25 mars suivant, en la fête de l’Annonciation, elle entend la voix de Notre-Seigneur pour la première fois et en est inondée de bonheur. À partir de ce moment, les grâces se multiplient accompagnées de sachets d’humilité, pour reprendre une expression de notre Père. Son curé qui est aussi son directeur spirituel dira  : “ Elle est franche comme l’épée du roi ”.

Un beau jour de 1911, elle demande à ses parents d’entrer au pensionnat. Étonnés de cette requête, mais ne la pensant motivée que par le souci de bien réussir ses études, ceux-ci acceptent malgré leur peine de se priver de sa chère présence. En fait, elle aspire déjà à la vie religieuse, et celle de couventine lui paraît plus proche de cet idéal que la vie choyée à la demeure paternelle. Elle sait aussi que le pensionnat sera pour elle une grande mortification de son tempérament solitaire et timide, c’est ce qu’elle veut. Peu de temps après la rentrée, elle écrit à sa chère mère  : “ Maman, ce n’est pas drôle de vivre avec les autres. ”

À NEW YORK

Dina Bélanger en tenue de concert.

Dina Bélanger en tenue de concert.

C’est à New York, en 1920, qu’elle entend Notre-Seigneur lui dire  : “ Je te veux à Jésus-Marie ”. Comme elle résidait alors dans une maison de la Congrégation de Jésus-Marie, elle comprend aussitôt qu’elle doit devenir l’une de ces religieuses enseignantes. Avec simplicité, elle s’en étonne auprès de Jésus puisqu’elle se sent beaucoup plus attirée par la vie contemplative et qu’elle répugne à enseigner. La réponse ne lui laisse aucune échappatoire  : “ Tu n’enseigneras pas longtemps  ”. Cependant, son curé qui lui avait permis de faire vœu de chasteté alors qu’elle n’avait pas encore quinze ans, et qui savait qu’elle avait demandé la croix à Notre-Seigneur comme cadeau pour son quinzième anniversaire, lui refuse en 1913 la permission d’entrer au couvent. Est-ce pour ménager ses parents ou pour l’éprouver, toujours est-il qu’il lui impose d’attendre jusqu’à 23-24 ans pour lui en reparler. Elle se soumet sans récrimination et entreprend des études supérieures de piano à New York. Commence pour elle comme une double vie  : celle d’une joyeuse et brillante élève pianiste se produisant avec de plus en plus de succès dans de nombreuses salles de concert, et celle d’une pieuse jeune fille hantée par le salut des âmes  ; nous sommes en 1916-1917 en pleine guerre mondiale, à l’époque où Notre-Dame montre aux pastoureaux de Fatima les âmes tombant en enfer en tourbillon.

“ LE BON MAÎTRE PRIT MON PAUVRE CŒUR ”

Le 11 août 1921, elle entre au couvent de Sillery près de Québec. Après un postulat difficile, tant elle se sent incapable de mener la vie religieuse, elle est extraordinairement consolée et fortifiée lors de sa retraite d’entrée au noviciat  : «  C’était le dernier soir de la retraite. Pendant le temps libre qui précédait la préparation de la méditation du lendemain, je me rendis à la chapelle. L’ombre était descendue, le silence régnait. Jésus me fit entendre sa voix mystérieuse et douce  ; je me sentais enivrée de pures délices, c’était la paix, l’amour. Puis, le bon Maître prit mon pauvre cœur, s’en empara, à la façon dont on enlève un objet de quelque endroit, et mit à la place – ô don de l’infinie tendresse  ! – son Cœur sacré et le Cœur Immaculé de Marie. (…) Depuis ce moment, j’ai agi, aimé avec le Cœur de Notre-Seigneur et celui de ma sainte Mère. Dans mes prières particulières, je n’ai plus dit  : “ Mon Dieu, je vous offre mon cœur ” ou autre formule analogue  ; non, le mien, je ne l’avais plus, j’en étais délivrée.  »

Couvent Jésus-Marie, Sillery

Couvent Jésus-Marie à Sillery

Pour nous rendre compte de son extraordinaire intimité avec Jésus, il convient de prendre le temps de citer cette grâce de Noël 1921  :

«  Un matin, le doux Enfant me dit  : “ Veux-tu, nous allons jouer à l’amour  ? ” Moi, je me voyais petite comme lui. “ Oh  ! oui, mon cher Jésus ”, lui répondis-je.

– Eh bien  ! reprit-il, celui de nous deux qui aimera le plus gagnera.

J’eus alors l’impression que j’avais le moyen puissant d’engager la partie.

– Je t’ai créée, continua l’aimable Sauveur, je t’ai donné la foi dès les premières heures de ton existence, je t’ai entourée et prévenue de grâces sans nombre et précieuses, je t’ai rachetée, pardonnée, appelée à la vie religieuse  : tout cela, c’est mon amour. Et toi  ?

– Jésus, je vous aime autant que je le puis et, pour vous prouver mon amour, je ne veux rien, rien vous refuser.

– Je sais, mais mon amour est infini, et le tien  ?

– Le mien, ô divin Enfant, il est infini comme le vôtre, parce que je vous aime avec votre Cœur  !

– Tu as raison  ; donc la partie est égale, nous avons gagné tous les deux  !

Un autre matin, mon charmant petit Roi me proposa  :

– Jouons à la croix, veux-tu  ?

– Oui, Jésus.

Mais à ce jeu-là, je ne sentais pas autant de hardiesse qu’à celui de l’amour, parce qu’il me semblait plus difficile de me soustraire à la défaite.

– Celui des deux qui portera le mieux sa croix l’un pour l’autre gagnera.

– C’est comme vous le voulez.

– Vois-tu, à Bethléem, je nais dans la pauvreté  ; en Égypte, à Nazareth, durant ma vie publique, au Calvaire, toujours et partout la souffrance et l’humiliation  ; depuis, dans l’Eucharistie, l’anéantissement complet, et de combien de maux suis-je victime dans le sacrement de l’amour  ! Et toi, que souffres-tu pour moi  ?

– Jésus, je suis heureuse d’accepter toutes les petites peines que vous daignez m’envoyer, et je vous remercie à l’avance pour celles que votre bonté me réserve.

– J’ai tout subi et j’endure tout sans me plaindre.

– Vous savez que je veux porter ma croix avec joie.

– J’ai choisi ce qu’il y avait de plus pénible.

Ma réponse commença à se faire hésitante  :

– Mon bon Maître, vous savez bien mon désir sincère, ma volonté ferme de ne jamais être infidèle à la moindre de vos grâces. Je suis faible, mais vous connaissez ma nature. Et votre croix, je l’aime avec passion en ce qu’elle a de plus pénible.

– Mes souffrances, reprit enfin l’aimable Sauveur, ont une valeur infinie. Que valent les tiennes  ?

Je vis les miennes pauvres, misérables  ; triste, je me tournai vers la Sainte Vierge, la suppliant de m’éclairer. La lumière ne tarda pas.

– Jésus, répondis-je avec bonheur, les miennes, je les unis aux vôtres et ainsi ma pauvreté est couverte de vos mérites infinis.

– Eh bien  ! conclut le divin Enfant, cette fois encore, la partie est égale  !  »

LA VOIE D’ENFANCE

Sœur Marie Sainte-Cécile de Rome

Sœur Marie Sainte-Cécile de Rome

De telles grâces produisent dans l’âme de notre jeune novice un souci de fidélité dans les petites choses, en particulier pour tout ce qui relève du devoir d’état. À la même époque, Notre-Seigneur disait à Sœur Lucie de Fatima  : «  Le sacrifice qu’exigent de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant.  » Le bon Maître veillera à ce qu’il en soit manifestement ainsi pour celle qui, le 15 février 1922, recevant le saint habit de son ordre, reçoit le nom de Sœur Marie Sainte-Cécile de Rome. Elle aura beaucoup à souffrir mais sans jamais faire de pénitences extraordinaires, faute d’en avoir la permission  !

Le 15 août 1923, elle achève son noviciat au milieu de ses compagnes extraordinairement ferventes. Notre-Seigneur lui dira plusieurs fois la satisfaction que lui donne ce noviciat. La maîtresse des novices, Sœur Sainte-Élisabeth, a une dévotion particulière pour le Cœur eucharistique de Jésus.

Comme Jésus le lui avait dit à New York, elle n’enseignera que quelques semaines malgré des dons étonnants et un rayonnement indéniable comme en témoigne la mère d’une de ses élèves, qui, ne sachant pas son nom, la désigne comme “ la sœur qui a le Ciel dans les yeux. ” Diverses maladies vont l’obliger à s’installer pratiquement à demeure à l’infirmerie de la Maison provinciale de Sillery.

C’est à cette époque (1924) que Notre-Seigneur lui donne une seconde patronne en la personne de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus que Pie XI béatifiera l’année suivante. «  Elle doit me conduire dans la voie de l’amour et de l’abandon, prendre soin du travail intérieur de mon âme. (…) Par son intercession, elle m’a ouvert le jardin de la confiance. Alors j’ai goûté le vrai fruit de l’abandon. De plus, elle m’a fait avancer dans l’esprit d’enfance (…). Et toute son action, inutile de le dire, porte le cachet de l’amour.  » Nous retrouvons sous la plume de Sœur Marie Sainte-Cécile de Rome, la même explication de la voie d’enfance que celle de notre Père dans sa retraite sur Sainte-Thérèse nouvelle. Il s’agit de pratiquer une parfaite ouverture d’âme, de ranger toute sa vie sous l’obéissance sans domaine réservé, de ne tenir à rien pour être en tout soumis à Jésus. Une des paroles de son Bon Maître revient alors comme un refrain sous sa plume  : “ Laisse-moi faire. ”

Une autre leçon qu’elle apprend de Notre-Seigneur en ces années 1924-25 est l’union de Jésus et de Marie. Les deux agissent toujours ensemble, d’un même mouvement dans son âme. “ Je te veux à Jésus-Marie ” lui avait-il dit à New York, elle comprend maintenant qu’il ne s’agit pas uniquement de sa congrégation, mais plus encore d’une réalité mystique.

Ses supérieures sont émerveillées de ses vertus et des grâces qu’elle reçoit et qu’elle leur conte en toute simplicité  ; avec sagesse, elles la maintiennent dans l’ombre. Néanmoins, pressentant que Notre-Seigneur ne tarderait pas à l’appeler auprès de Lui, elles lui ordonnent d’écrire le récit de sa vie  ; Jésus le lui avait dit aussi à New York  : “ Tu feras beaucoup de bien par tes écrits. ”

SPONSA CHRISTI

Nous devons passer rapidement sur ces années qui constituent cependant la partie la plus nourrie de son autobiographie. Citons toutefois cette vision semblable à celles dont la bienheureuse Catherine de Saint-Augustin bénéficiait à Québec, trois siècles auparavant. «  Le 22 novembre, fête de la sainte Cécile, Jésus me dit, le matin, à l’heure de la messe  : “ Tu ne peux assister à la sainte messe  ; eh bien  ! viens entendre celle du ciel, où l’on chante aussi sainte Cécile. ” Aussitôt, il me sembla être au paradis. Je croyais entendre des harmonies dont la suavité et la puissance sont inconnues sur la terre. Puis la multitude des anges et des saints entonna un cantique à la louange du Dieu éternel  : Gloria in excelsis Deo  ! Des instruments innombrables accompagnaient. Sans interruption des instruments, succéda un Sanctus. Oh  ! ceux-là seuls à qui le Seigneur en accorde la grâce peuvent comprendre ces contemplations  ! Ce Sanctus surtout dépassait tout ce que mon imagination peut concevoir d’harmonieux, d’ineffable, d’enivrant. J’entendis la voix des enfants, celle des confesseurs, des saintes femmes, des apôtres, des martyrs  ; j’entendis des voix incomparablement plus belles, plus douces et plus riches que les précédentes  : c’était le cortège des vierges qui suit l’Agneau partout où il va. Ces différents chœurs alternaient entre eux ou se fondaient en un seul. Ensuite, les instruments ne cessant pas, ce fut un cantique d’actions de grâces au Seigneur glorifié dans sainte Cécile, un chant en l’honneur de cette dernière. La troupe des anges et des saints la loua  ; puis, les harmonies devinrent très, très douces, et Cécile, seule, modula son hymne d’amour et de reconnaissance envers l’Époux. Quels accents purs  ! Les chœurs reprirent et terminèrent cette louange. Les instruments vibraient toujours. Jésus me dit  : “ C’est l’heure, il faut retourner sur la terre. ” J’ouvris les yeux, j’écoutai autour de moi, je reconnus que c’était l’instant même où la messe se terminait à la chapelle.  »

Admirable délicatesse de Jésus pour celle qui est déjà son épouse et qu’il traite ainsi. Cependant, c’est le 15 août 1924 que sa mission proprement dite commence. Un an auparavant, Jésus lui avait dit  : «  Tu vas faire profession, et puis un an plus tard, le 15 août, en la fête de l’Assomption de ma Mère, je viendrai te chercher par la mort.  » Ses supérieures le savaient, et, comme elle était à l’infirmerie, toutes avec elle attendaient la délivrance. Or le 16 août 1924… elle est toujours bien vivante. Non seulement cela, mais à partir de ce jour Jésus se tait. Chacun peut imaginer l’inquiétude des supérieures, mais plus encore l’angoisse et la peine de Sr Marie Sainte-Cécile de Rome, livrée à la crainte d’être dans l’illusion depuis tant de mois. Cependant, son humilité, son calme, sa piété constante, son abandon rassurent très vite ceux qui ont la charge de la guider. Mais elle, elle devra attendre jusqu’au 25 janvier 1925, fête de la conversion de saint Paul, pour entendre de nouveau la voix suave de Jésus lui expliquant qu’elle est bien morte à elle-même  : «  Tu ne me posséderas pas plus au Ciel car je t’ai absorbée en entier.  » Elle reçoit alors des lumières mystiques sur la présence de la Sainte Trinité en son âme, et elle comprend que le moindre de ses actes d’amour est une source de grâces pour les âmes. Débute alors la dernière étape de sa vie, consacrée à l’union au Cœur eucharistique de Jésus pour le salut des âmes dans un monde qui plonge peu à peu dans les ténèbres. Nous sommes donc en 1925, l’année des apparitions de Pontevedra…

II. ÉPOUSE DU CŒUR EUCHARISTIQUE DE JÉSUS

Coeur Eucharistique de Jésus

Coeur Eucharistique de Jésus

Ce 25 janvier, Notre-Seigneur lui explique que, le 14 août précédent, il était bien venu la chercher comme Il le lui avait annoncé un an auparavant, puisqu’Il l’a absorbée en entier. Elle ne sait pas alors qu’il lui reste encore six années à vivre, le plus souvent alitée à l’infirmerie de la Maison provinciale des Sœurs de Jésus-Marie à Sillery, près de Québec.

Ces longs mois de maladie ne sont que l’aspect extérieur, visible à tous, d’une réalité mystique qui demeure cachée sauf pour ses supérieures  : elle est épouse du Cœur eucharistique de Jésus. C’est dire que Notre-Seigneur la comblera de grâces et de consolations infinies, qu’elle partagera l’ardeur du Cœur eucharistique de son divin Époux pour le salut des âmes et sa souffrance de ne pouvoir la satisfaire  ; mais aussi qu’elle sera récompensée par une fécondité spirituelle remarquable.

LE VŒU DU PLUS PARFAIT

Déjà elle avait fait le vœu du plus parfait alors que son âme se trouvait plongée encore dans la nuit  ; c’était le 3 octobre 1924, premier vendredi du mois du Rosaire, treizième anniversaire de son vœu de virginité  : «  Mon Dieu, avec votre grâce sainte et le secours de Marie, ma bonne Mère, je fais vœu du plus parfait. Mon Jésus, je fais vœu de te laisser agir avec toute la perfection avec laquelle tu désires agir en moi  ; je fais vœu de choisir toujours le plus parfait.  » Elle écrira aussi à ce sujet  : «  Loin de me sentir enchaînée par ce vœu, rigoureux en apparence, j’étais plus libre que jamais  ; et si ma liberté pouvait s’accroître, je dirais que de jour en jour, depuis deux mois et demi, elle augmente sans cesse. C’est que Jésus est la Vie, la Force, le divin Agissant en mon être. (…) L’obéissance était ma règle du plus parfait. (…) Je n’ai pas émis ce vœu parce que je me pensais parfaite, oh  ! non, non, mille fois non  ! J’ai désiré prononcer ce vœu et je m’y suis engagée tout simplement pour dire au bon Dieu que je l’aimais.  » Et ce qui est très thérésien  : «  Il n’en reste pas moins réel que je multiplie imperfections, manquements, sottises, involontairement, c’est vrai  ; mais tout cela me prouve ma misère, mon impuissance. Et, me voyant si digne de mépris et si pauvre, je m’élance, avec le vol de l’aigle, dans les régions de la Bonté infinie. (…) Puis, souvent, je prends mon crucifix, je baise les plaies sacrées, la plaie de l’épaule droite et sa lèvre adorable, et j’ajoute  : “ Cher Jésus, si je n’avais pas commis cette sottise, tu n’aurais pas eu tant de baisers et tant d’actes d’amour. ”  »

L’ABANDON, VERTU ACTIVE

Elle jouit alors de grâces ineffables qui lui font comprendre la perfection infinie de son Époux et l’immense fécondité promise à la créature élevée par grâce à l’union mystique au divin Maître. «  Des millions d’âmes sur la terre attendent des grâces de salut et de sanctification de mon abandon à l’action divine.  » Elle comprend alors que son rôle d’épouse est de fixer son regard amoureux sur son Époux, sa fidélité en cet office est la cause de sa fécondité et de sa force dans les épreuves qui ne vont pas tarder  : «  Si, une seconde seulement, je regardais le rien que je suis, je sens que je faiblirais aussitôt.  » Car la tuberculose commence son œuvre destructrice, à laquelle s’ajoutent les tentations  : en particulier, des scrupules l’assaillent pour la détourner de communier. Elle combat avec vaillance, un jour même elle se précipite à la chapelle, au tabernacle … «  j’aurais volé une hostie  !  »

Ces terribles souffrances ne l’accablent pas, au contraire  : «  Le Seigneur cherche des âmes qui le servent avec joie. L’obscurité comme la lumière, la désolation comme la consolation, l’amertume comme la suavité, tout vient de sa main généreuse ou, plutôt, jaillit de son Cœur comme un trait enflammé par l’amour. Notre vie devrait être une continuelle action de grâces, un prélude joyeux au cantique de la louange éternelle.  »

Le 30 novembre 1925, les souffrances qu’elle aura à subir lui sont révélées. La Sainte Vierge lui fait alors comprendre qu’elle n’est pas assez “ ambitieuse ”, qu’elle peut satisfaire tous les attributs divins et non pas seulement l’amour. Sur ordre de ses supérieures, elle essaie d’expliciter tout cela dans son autobiographie  ; elle coupe court  : «  Mais, hélas  ! que disent ces expressions si pauvres pour traduire mon idéal, infini comme mon Dieu  ! Le silence me satisfait davantage et je résume tout, en suppliant Jésus et Marie de s’écrier à ma place  : “ Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel  ! Ainsi soit-il  ! ”  »

«  MON JOYAU, C’EST TA CROIX  !  »

Toute l’année 1926 n’est qu’une succession de grâces qui avivent son désir d’offrir des sacrifices à Jésus  : «  Ô Vierge immaculée, ma Mère, je vous demande l’amour, la souffrance, les âmes  ! Je voudrais la croix de Jésus. La croix  ! ce seul mot me fait tressaillir d’allégresse. Ah  ! que ne puis-je parcourir l’univers, recueillir toutes les croix que le bon Dieu y a semées (…) Et pourtant, la multitude des croix humaines ne saurait me contenter. C’est la croix divine qu’il me faudrait pour satisfaire ma soif, la croix de mon Sauveur (…) Mon Thabor, ô Jésus, c’est ton Calvaire  ! C’est là, sur la montagne bénie de ton sacrifice, que je suis heureuse de dresser ma tente. Mon joyau, c’est ta Croix.  »

Le 23 février 1926 elle écrit ces lignes dignes de sainte Marguerite-Marie, de sainte Thérèse ou encore de sœur Lucie de Fatima  : «  Jésus cherche des âmes qui le consolent. Son Cœur eucharistique souffre  ! Oh  ! comme il souffre  !… Il désire des âmes entièrement livrées à son amour  ; des âmes délicates qui non seulement ne lui refusent rien, mais saisissent avec empressement l’occasion de lui faire plaisir, qui préviennent ses désirs et l’entourent d’attentions, petites en elles-mêmes et néanmoins grandes par la charité  ; des âmes qui lui offrent tous les petits riens que sa bonté sème à chaque instant au cours d’une journée. (…) Jésus souffre… Combien peu d’âmes comprennent la plainte de son Cœur au tabernacle  !… Plusieurs l’entendent  ; bien peu, hélas  ! la comprennent  !  » À commencer par l’éditeur de l’Autobiographie qui se sent obligé d’ajouter une note à ces propos pourtant clairs afin d’en réduire la portée  : «  Depuis sa résurrection, le Christ jouit d’une béatitude parfaite. Cependant quand les âmes contemplatives voient Notre-Seigneur souffrant, et même se plaignant à elles des péchés et des ingratitudes des hommes, ce n’est point une illusion. Elles voient actuellement Jésus tel qu’il a souffert dans son agonie, et elles sont appelées actuellement à compatir à ses souffrances et à les partager. On pense que l’ange qui consola Notre-Seigneur au Jardin des Oliviers le fit en lui montrant toutes les âmes fidèles qui, jusqu’à la fin du monde, devaient compatir à ses souffrances.  » Pourtant, Marie Sainte-Cécile de Rome parle bien de la souffrance actuelle du Cœur de Jésus au tabernacle, dont la cause est l’attiédissement des âmes consacrées.

LA DÉFAILLANCE DES ÂMES CONSACRÉES

C’est alors que la vie et les écrits de la bienheureuse Dina Bélanger prennent pour nous un relief particulier, tant elles sont en harmonie avec les plaintes de Notre-Seigneur et de Notre-Dame à sœur Lucie de Fatima, tant elles nous montrent la défaillance de la hiérarchie de l’Église dans sa cause immédiate. Les textes ici abondent, par exemple ce texte du 26 novembre 1926; ce jour-là Notre-Seigneur lui a demandé de méditer la parole du Pater   : “ Mon Père, que votre volonté soit faite. ” «  Mon doux Maître a ajouté  : “ Si les âmes religieuses savaient  ! Elles ne savent pas  ! Hélas  ! plusieurs ne savent pas parce qu’elles ont peur de savoir  ! Elles ont peur de renoncer à certaines fantaisies… Je n’appelle pas toutes les âmes consacrées à compatir sensiblement et d’une manière spéciale à mon agonie (…). Mais j’appelle toutes les âmes consacrées à consoler mon Cœur par l’obéissance, la régularité, la parfaite observance de la Règle, l’application à la perfection en tout, par pur amour pour moi. ”  »

Ce ne fut guère le programme de la réforme conciliaire… Notre-Seigneur l’avait fait comprendre à sa petite épouse, elle a vu le monde entrer insensiblement dans l’obscurité à cause de la désaffection des âmes consacrées. Aussi son zèle pour souffrir ne fait-il qu’augmenter afin d’empêcher, s’il était possible, ce malheur. Jésus la satisfait le 22 janvier 1927  : «  C’était un samedi, la fête de Notre-Dame de Fourvière et la clôture des Quarante-Heures. Durant ma méditation, au pied du Saint-Sacrement exposé, je me suis trouvée soudainement envahie par une grande paix. J’éprouvais déjà la présence de mon divin Maître, mais il y avait quelque chose de plus que dans l’union ordinaire, pourtant si intime, du jeudi et du vendredi. En effet, Notre-Seigneur m’accorda une grande faveur  : les stigmates d’amour de ses plaies sacrées. De son Cœur divin, des flammes rayonnaient sur les pieds, les mains et le cœur de mon être anéanti dans le sien. La Très Sainte Vierge posa ces flammes sur mes membres et Jésus y imprima les stigmates d’amour de ses plaies sacrées. (…) Depuis quelques semaines, Notre-Seigneur se plaît à m’appeler  : “ ma petite Moi-même. ”  »

LA TENDRESSE INEFFABLE DU CŒUR DE JÉSUS

Les premiers mois de 1927 sont pour elle une succession de tendresses du Cœur eucharistique. Elle comprend ainsi que les sentiments qui animaient ce divin Cœur durant sa Passion demeurent  : «  Il a toujours hâte, grande hâte de se donner…  » Les textes émouvants abondent, citons-en quelques-uns  : «  Mon Cœur eucharistique aime beaucoup à faire des confidences aux âmes, c’est comme un besoin pour lui. Mais il trouve peu d’âmes pures qui le comprennent. Pour recevoir mes confidences intimes, il faut une âme bien pure, une âme qui s’applique constamment à penser et à agir purement pour moi. Je voudrais beaucoup d’âmes bien pures.  » Après lui avoir fait part d’une tendresse inconnue qui l’enivrait de divines suavités, Il lui dit le Jeudi saint 1927  : «  Mon Cœur pense sans cesse à unir les âmes à lui par l’Eucharistie, comme il est uni lui-même à mon Père par l’amour dans l’unité et la charité parfaites. “ Mon Père, qu’ils soient un en nous comme nous sommes un, vous en moi, et moi en vous. ” Voilà la prière qui est l’expression de la pensée de mon Cœur eucharistique.  » Le lendemain, Vendredi saint  : «  Mon bon Maître me fait participer aux sentiments de tendresse de son Cœur durant sa Passion et sur la croix. La tendresse du Cœur de Jésus  ! Ah  ! je ne l’ai jamais comprise jusqu’à hier et aujourd’hui. Les mots humains ne disent rien. Les attendrissements du cœur de la meilleure des mères n’ont rien de comparable avec elle. Le Cœur de Jésus est un abîme de tendresse… c’est tout ce que je sais dire, parce que je n’ai pas d’expression pour traduire ce que je comprends.  »

LES OUBLIS ET ABANDONS DU CŒUR DE JÉSUS

Peu à peu, comme l’Époux partage ses peines avec son épouse, Notre-Seigneur l’introduit dans l’angoisse de son Cœur  : la tiédeur des âmes consacrées fait obstacle à sa miséricorde pour une multitude d’âmes. Remarquons à quel point nous sommes loin d’une conception individualiste, autonomiste, de la religion. Comme le disent nos 150 Points  : “ nul ne naît enfant trouvé dans l’ordre de la grâce ”. Les paroles de Notre-Seigneur font comprendre les conséquences incalculables de l’apostasie des âmes consacrées. Lisons ce texte du 28 avril 1927  : «  Regarde toutes ces âmes. Vois-tu comme il y en a bien peu qui demeurent sans cesse entièrement livrées à moi  ! Le jour de sa profession, on se donne sans réserve, mais on reprend ensuite des lambeaux de soi-même. Dans les grandes actions, dans les principaux points de la Règle, on accomplit ma volonté, mais, dans les toutes petites choses, on ne s’occupe pas de mon bon plaisir. Vois-tu ces âmes (en me montrant toutes celles qui étaient distraites)  : les unes ont les yeux tournés vers le monde pour regarder ce qui s’y passe  ; les autres ont les oreilles ouvertes pour apprendre toutes sortes de nouvelles  ; les autres parlent durant le silence pour passer des réflexions inutiles ou pour critiquer  ; d’autres entretiennent dans leur mémoire les vains souvenirs du passé  ; celles-là bâtissent dans leur imagination toutes sortes de plans dans leurs intérêts personnels  ; celles-là s’amusent à des désirs inutiles  ; celles-là gardent dans leur volonté une réserve pour elles-mêmes… Et moi, je passe… Mon Cœur demande de la consolation, et toutes ces âmes, s’occupant d’elles-mêmes ou du monde, ne me consolent pas. (…) Je connais la faiblesse humaine, je pardonne toujours, j’oublie l’indélicatesse quand on revient à moi, mais cela n’empêche que mon Cœur a ressenti la blessure. Je les aime tant, mes âmes consacrées  ! Dès qu’elles se retournent vers moi, je leur souris, parce que je les aime d’un amour infini, et mes regards sont constamment fixés sur elles.  »

Comme à sainte Marguerite-Marie, Notre-Seigneur lui montre l’état lamentable de certaines âmes consacrées qui ont perdu l’état de grâce. Elle s’offre alors pour consoler son Dieu et Jésus lui montre ces âmes qui se repentent. «  Je te fais voir la multitude des âmes consacrées jusqu’à la fin des temps pour te faire comprendre le rayonnement, même d’une seule âme entièrement livrée à moi, sur toutes les autres âmes. Tu vois que, par elle, mes rayons s’étendent au loin, au loin, à l’extrême limite, c’est-à-dire que je fais du bien jusqu’à la fin des temps. (…) Si toutes les âmes consacrées ne me refusaient rien, si elles me laissaient sans cesse librement agir en elles, toutes les autres âmes seraient sauvées. (…) Ma petite épouse, si je vois tomber tant d’âmes dans l’enfer, c’est sans doute parce qu’elles le veulent bien, mais c’est aussi à cause de l’abus que les âmes consacrées font de mes grâces. Prie et supplie, par ma très sainte Mère et par mon Cœur divin, prie et supplie mon Père céleste de sauver et de sanctifier toutes les âmes. (…) Prie et supplie mon divin Père. Supplier, cela veut dire prier avec insistance, prier sans se lasser, prier avec l’assurance d’être exaucé. Prie et supplie  !  »

AVEC JÉSUS, À LA CONQUÊTE DES ÂMES

C’est avec une ardeur inouïe qu’elle va se donner à cet office de consolation du Cœur eucharistique de Jésus, en particulier pour la sanctification des âmes consacrées  : c’est sa mission particulière. «  23 septembre 1927. Le Cœur de Jésus m’emmène avec lui à la conquête des âmes. C’est lui qui fait tout le travail, et moi je lui donne mon ennui, mes petites souffrances, je n’ai qu’à le laisser faire et à ne rien lui refuser. Il m’a bien avertie, hier matin, qu’on ne va pas à la conquête des âmes sans de grandes fatigues ni sans peines, mais tout est si bon avec lui et pour lui. (…) 8 novembre. Laisse-moi te plonger dans l’humiliation et ne t’occupe que de moi seul. Si tu savais combien il y a d’âmes consacrées qui refusent de se soumettre à l’autorité, à cause de leur orgueil  ! Laisse-moi te plonger dans l’humiliation et, durant ce temps, je donnerai à beaucoup d’âmes consacrées la grâce de sortir de leur orgueil. (…) 11 octobre 1928. De l’amour  ! de l’amour  ! J’ai soif des âmes  ! Un grand nombre d’âmes se perdent parce que beaucoup de mes prêtres ne m’aiment pas assez. Ils ne touchent pas les cœurs parce qu’ils ne sont pas assez unis à moi. Ils comptent trop sur des moyens humains et sur leur activité propre, et pas assez sur mon action divine.  » Ainsi accompagnera-t-elle son époux dans sa quête des âmes jusqu’à ses derniers jours, dans sa vie de malade apparemment ordinaire, souffrant comme toutes ses compagnes de l’infirmerie et sans jamais faire la moindre pénitence particulière. «  Tu me laisses faire en toi, eh bien  ! moi, je te laisse faire en mon Cœur. Tous mes trésors infinis sont à toi. Par ma très sainte Mère, donne-les, donne-les aux âmes.  »

NOVISSIMA VERBA

Ses derniers mois ressemblent beaucoup à ceux de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Le 30 avril 1929, jour de son trente-deuxième anniversaire, elle est conduite dans la partie de l’infirmerie réservée aux tuberculeuses. Tandis que la maladie progresse, elle témoigne d’un oubli d’elle-même, d’une gaîté semblable à celle de la sainte carmélite de Lisieux. Elle regrette de ne pouvoir témoigner sa gratitude à ses sœurs, mais Jésus la rassure  : «  C’est moi qui paierai tes dettes. (…) Je les paierai en Dieu, je les paierai avec mon Cœur. À chaque personne qui t’aura rendu le moindre service ou causé le moindre plaisir, je donnerai des grâces en retour. Mais, au ciel, tu paieras de plus toi-même tes dettes. Je t’ai donné mon Cœur, c’est pour jamais. Tu devras donc distribuer mes richesses par ma très Sainte Mère.  » À partir de juillet, elle n’a plus la force de tenir un crayon. Si ses supérieures connaissent son intimité avec Jésus, les autres religieuses ne manquent pas de remarquer ses admirables vertus. On permet à ses parents de la visiter  ; son père lui dit combien ils prient pour sa guérison mais, ajoute-t-il, «  il nous semble que tu ne nous aides pas beaucoup. – Papa, répond-elle, je ne veux que la volonté du bon Dieu.  » Ils la visiteront régulièrement jusqu’au dernier jour, mais les voir souffrir lui est une intense souffrance supplémentaire.

Elle se consume rapidement, mais à ses supérieures elle dit  : «  Qu’il fait bon se livrer à Jésus  ! Qu’Il est fidèle  ! Qu’Il est généreux  ! Qu’ Il est délicat dans les plus petites choses  ! Que sa bonté me touche… C’est mon emploi de souffrir… Que je suis heureuse  ! Oh  ! le bonheur d’être religieuse  ! Je m’en vais chez le bon Dieu travailler pour mon “ Jésus-Marie ” jusqu’à la fin du monde… pour les autres âmes aussi… Je donnerai de la joie… C’est une consommation de tous les instants que cette faiblesse générale, cette oppression, ces points violents… On se sent démolie et détruite pour Lui… Que c’est bon  !  »

«  Le matin du 4 septembre 1929, nous dit sa biographe, elle eut une grande faiblesse qui dura tout le temps de la récitation des litanies, du chapelet et des prières des agonisants. Elle reprit cependant conscience et garda une parfaite connaissance jusqu’à la fin. À un mot de réconfort que quelqu’une lui dit à ce moment, elle répondit d’un ton pénétré  : «   Jésus prie  », et le sourire qui éclaira son visage parut à toutes si extraordinaire que l’on voulut la photographier pour le conserver.  »

Soeur Marie Sainte-Cécile de Rome

Soeur Marie Sainte-Cécile de Rome le jour de sa mort.

L’après-midi, elle récita encore un chapelet avec Mère Sainte-Élisabeth, puis elle ajouta d’un air réjoui  : «  La mort s’en vient  ». «  Regardant les sœurs qui étaient près d’elle, elle leur sourit. Ce sourire avait quelque chose de si pur, de si angélique, que les religieuses en gardèrent un souvenir ému. Vers trois heures, elle murmura  : “ J’étouffe ”. La supérieure provinciale et les conseillères appelées à la hâte arrivèrent pour recueillir son dernier soupir. Elle expirait dans l’attitude de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus  : presque assise dans son lit, la tête rejetée en arrière, les yeux fixés au ciel. Elle avait trente-deux ans dont huit de vie religieuse.  »

Le 1er janvier 1995, notre Père commenta une vision du Cœur eucharistique de Jésus-Marie qu’eut la sœur Marie Sainte-Cécile de Rome. Sa conclusion montrait l’intérêt pour nous de ces révélations privées mais authentifiées par la béatification, le 20 mars 1993, de leur bénéficiaire  ; elle reste actuelle  : «  Nous serons encouragés à aller dans le sens de ces dévotions qui paraissent propres à notre Ordre, à notre accroissement de piété, et même si l’année doit être dure, nous sentons bien que c’est Jésus et Marie qui règnent sur Dieu le Père, et donc, ils ont la parfaite maîtrise de l’Esprit-créateur et sauront bien faire de cette année, une année sainte pour nous, une année glorieuse pour le Cœur de Jésus et de Marie, une année de règne grandissant pour ces deux Cœurs, dans tout l’univers.  »

RC n° 50 et 51, octobre et novembre 1997

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