La Contre-Réforme catholique au XXe siècle
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RODOLPHE DUGUAY (1891-1973)

« BIENHEUREUX LES COEURS PURS, ILS VERRONT DIEU »

Le semeur de Rodolphe Duguay

Un des tableaux préférés de Rodolphe Duguay. «  Le Semeur  », 2 juin 1938.

IL est contemporain de Borduas, de Marc-Aurèle Fortin, de Jean-Paul Lemieux  ; eux sont célèbres par leur conception révolutionnaire de l’art ou leur vision moderne de l’Homme, mais lui est pratiquement inconnu puisque sa peinture des paysages et de la vie rude des paysans canadiens-français de son temps, est un reflet de leur âme catholique.

Lui, c’est Rodolphe Duguay, peintre et graveur sur bois. Fils de pauvres paysans de Nicolet, où il est né en 1891, c’est sur les genoux de sa mère qu’il apprit ses premières prières, mais aussi à admirer la belle nature du Bon Dieu. Les Frères des Écoles chrétiennes ont remarqué son talent tout en lui enseignant les rudiments du savoir humain et les certitudes de la foi que ses études secondaires au séminaire de Nicolet ne firent que consolider.

UNE TÉNACITÉ DE PAYSAN

Rodolphe Duguay

Rodolphe Duguay

Doué pour le dessin, à l’âge où plusieurs de ses camarades choisissaient la voie du sacerdoce, il fit humblement part à ses parents de son rêve  : se consacrer à la peinture. Il se rendait bien compte que leur pauvreté le rendait inaccessible. Cependant, passé le premier moment de surprise, les siens l’encouragèrent, surtout sa mère. À l’âge de 20 ans, il put enfin quitter Nicolet, autrement dit sa chère famille et ses nombreux amis, pour Montréal où de petits emplois lui permirent de fréquenter quelques cours des Beaux-Arts.

Pendant quatre ans, il suivit ce régime qui le laissait insatisfait  ; il avait vite fait de dépasser le niveau du professeur  ! Mais que pouvait-il faire d’autre  ? Il n’avait même pas les moyens de s’acheter une toile et de quoi y peindre  ! Alors, avec la confiance héritée de ses ancêtres, il multiplia les prières…

L’instrument de la Providence fut un Clerc de Saint-Viateur, le frère Gonneville, un grand amateur d’art qui avait ses entrées dans les milieux artistiques de la métropole. Nous sommes en 1917  : Rodolphe était employé chez Georges Delfosse, dont les tableaux exaltaient l’histoire de la Nouvelle-France  ; il y était accablé de travail pour un salaire de misère. Le frère Gonneville remarqua son talent, se lia d’amitié avec lui et essaya de lui trouver des bienfaiteurs. Le 19 janvier 1918, il le présenta au grand peintre-sculpteur de l’époque, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté.

À L’ÉCOLE DE SUZOR-CÔTÉ

Suzor Côté

Suzor Côté

Suzor-Côté, qui n’avait jamais voulu avoir d’élève de peur de perdre son temps avec de jeunes orgueilleux, reçut fort mal ce timide fils de paysans  : il regarda à la hâte les quelques dessins et esquisses qu’il lui avait apportés et les jeta à l’autre bout de l’atelier  ! Mais Duguay ne se laissa pas démonter. Devant cet aplomb, Suzor-Coté reprit les dessins, reconnut qu’il y avait du talent, et donna quelques conseils. À la deuxième rencontre, il fut très impressionné de les voir parfaitement suivis. Dès lors, Duguay fut son premier et unique élève, et bien vite son ami, dont il payait généreusement les collaborations.

Émerveillé par sa maîtrise de la couleur et de la lumière, convaincu qu’il avait les capacités de devenir un très grand artiste, Suzor-Coté le persuada d’aller compléter sa formation à Paris. Il lui acquitta même les frais du voyage  ! Mais Duguay dut encore trouver dans sa famille et parmi ses nombreux amis le financement d’un séjour qui ne pourrait rien rapporter avant plusieurs années. On se démena aussi pour obtenir une bourse du gouvernement provincial, démarches qui mettront trois ans à aboutir.

Son journal intime, maintenant intégralement publié, permet de le suivre, jour après jour, dans ce qui est une formidable aventure pour un fils de pauvres paysans nicolétains. Lorsqu’il s’installe à Paris, il a trente ans, mais c’est une âme d’enfant qui transparaît à chaque page. Insensible aux tentations de la vie parisienne, nous le voyons, jour après jour, fidèle à sa pratique religieuse, comme s’il était encore chez lui. Pieux, il communie plusieurs fois par semaine après s’être trouvé un confesseur et directeur spirituel à la paroisse Saint-Sulpice.

Le mal du pays qui l’étreint durant les premiers mois, le pousse à entrer dans les églises pour épancher sa peine au pied du tabernacle ou d’une statue de la Sainte Vierge. Il en ressort toujours réconforté.

Ses débuts furent, en effet, particulièrement éprouvants. Puisque chaque sou dont il dispose représente un sacrifice pour ceux qu’il aime, il ne veut pas gaspiller son temps et ses trop maigres ressources. Inscrit dans trois académies, il travaille du matin au soir, sans jamais se permettre la moindre distraction, si ce n’est une jasette avec l’un ou l’autre de ses bons amis, et ils sont nombreux, car cet homme, timide et pieux, a un “ je ne sais quoi ” qui les attire  ; il leur restera fidèle toute sa vie.

ESTHÉTIQUE MYSTIQUE...

Hiver, huile sur carton par Rodolphe Duguay

Hiver, huile sur carton, 1934
(Cliquer pour agrandir)

Après trois années de ce régime, il traverse une nouvelle crise. Comme à Montréal, il a vite assimilé les différentes techniques de son art, cependant aucun de ses professeurs n’a été pour lui un maître. Il admire certes l’école hollandaise et se reconnaît proche de l’école de Barbizon, notamment de Millet, mais il voit son art autrement qu’eux. Indiscutablement capable de peindre des portraits ou des compositions au goût du jour, ces sujets l’ennuient, même les scènes religieuses le lassent, qui pourtant devraient attirer son âme chrétienne.

Ce qu’il voudrait, c’est traduire sur sa toile le choc qu’il éprouve à la vue de la nature qui lui parle tellement de Dieu. «  Que c’est beau le paysage  ! La nature, c’est un peu Dieu  : le ciel, les astres, la terre, l’eau, tout ça rend bon. Admirer ces chefs-d’œuvre, c’est une prière. Voilà comment moi, je ressens le paysage.  » On pourrait dire de lui ce que notre Père, dans son cours d’esthétique mystique, dit du poète anglais Hopkins  : «  Le choc de la profondeur de l’être, l’instress, et toute la saveur du motif intrinsèque de chaque chose, l’inscape, sont pour lui désormais le choc et la joie directs de la présence, de l’expression et du don même de Dieu à son âme. Il sait par Duns Scot que “ la créature ne réussit à se dire elle-même que parce qu’elle est embrassée dans l’expression que la lumière éternelle donne d’elle-même ”, et parallèlement, qu’elle ne réussit à se livrer, à se donner que parce qu’elle est jaillie de ce don heureux sans mesure par lequel l’Amour de Dieu se donne Lui-même à Lui-même.  » (CRC n° 125, janvier 1978, p. 10)

Coup de vent par Rodolphe Duguay

Coup de vent, pastel, 1927.

Duguay sera le peintre de cette lumière, de ce don heureux que lui prodigue son Dieu. «  Le soleil de Nicolet, ces temps gris, ces clairs de lune, ces arbres, toute la nature de chez nous me sont de plus en plus vivants. Je les désire de plus en plus, je voudrais vivre avec mes chers miens d’une paisible vie au milieu des champs, en contact continuel avec la belle nature du si Bon Dieu. Oui, Jésus, mon doux Jésus, je te vois si bien dans cette nature que je voudrais m’isoler loin des villes, de ses bruits, des gens impies, scandaleux, je voudrais vivre tout près de ces êtres si chers qui t’aiment, qui te prient, qui te respectent  ; je voudrais la solitude où je pourrais à chaque instant t’entendre me dire que tu m’aimes et où tu pourrais mieux comprendre, il me semble… mon langage à moi.  »

… ET ENFANCE SPIRITUELLE

Rodolphe Duguay en 1925.

Rodolphe Duguay en 1925.

À peine a-t-il pris la résolution de se consacrer au paysage que, par hasard, il lit une biographie de celle qui n’est encore que la bienheureuse Thérèse de l’Enfant-Jésus. C’est un éblouissement. Dans son journal au 26 septembre 1924, il note  : «  Je suis à lire Thérèse de l’Enfant-Jésus, c’est délicieux et c’est les larmes aux yeux que je lis cette si belle vie, quel ange de Pureté.  » Les jours suivants, il part en pèlerinage à Lisieux pour voir les lieux où a vécu celle qui sera désormais sa sœur spirituelle. Il veut tout connaître d’elle. Il lui confie ses soucis professionnels et, à peine rentré à Paris, ceux-ci s’arrangent  ; contre toute attente, il peut louer à un prix raisonnable un atelier qui lui convient parfaitement.

Jardin des oliviers, huile sur toile, 1925

Jardin des oliviers,
huile sur toile, 1925

Cette découverte de sainte Thérèse et de sa Petite Voie embrase son cœur d’une ardente dévotion. Il avait gardé la piété de son enfance – et c’était déjà méritoire dans le milieu artistique parisien  ! – maintenant il va se révéler une âme mystique, extraordinairement attiré par l’Eucharistie. Il se veut résolument disciple du Christ, sans compromission. Ce n’est pas le moindre attrait de son journal de nous montrer l’évolution de son jugement à la lumière de sa foi fervente, sur la peinture, la musique et la littérature de son temps à laquelle il s’intéresse vivement, mais dont il dénonce souvent le vide et l’immoralité.

De retour au Canada en juillet 1927 – il a donc 36 ans –, il est en pleine possession de son art dont il vit modestement. Il n’imagine pas s’installer ailleurs qu’à Nicolet, dont la plaine et les habitants seront sa source d’inspiration inépuisable pour les quarante années d’activité qui l’attendent. Avec l’aide de son père, il se construit un atelier au flanc de la maison familiale, sur le modèle du sien à Paris.

AMITIÉ SPIRITUELLE ET AMOUR CONJUGAL

Rodolphe et Jeanne

Rodolphe et Jeanne

Ces quarante années vont être merveilleusement éclairées par l’amour d’une jeune femme, de dix ans sa cadette, Jeanne L’Archevêque. Elle était la petite sœur de son meilleur ami et beau-frère, mais ce n’est qu’à son retour de France qu’il découvrit les qualités de celle qui était devenue entre-temps une pianiste de haut niveau, l’une des premières bachelières en philosophie de l’université Laval de Montréal, et une journaliste. Le 24 août 1927, ce fut un coup de foudre.

Douze ans auparavant, il avait écrit dans son journal, le 31 janvier 1915  : «  Je vous demande encore, bon Jésus, de me trouver une femme pure, une vierge avec laquelle je pourrais faire une sainte vie, une femme avec laquelle je travaillerai à votre gloire. Je l’aime déjà celle que vous me destinez et je vous demande de la bénir.  »

Il avait gardé cet idéal lors de son séjour parisien, y trouvant certainement une puissante motivation pour résister à toutes les tentations du monde qu’il fréquentait. En cette fin d’août 1927, il lui sembla que Dieu avait répondu à sa prière  !

Or, Jeanne pensait entrer dans une congrégation missionnaire. Cela ne l’étonna pas  : «  Non jamais je n’ai rencontré une femme semblable. Elle deviendra quelqu’un, et ce quelqu’un sera à Dieu. J’aurai du moins entrevu un peu les richesses qu’une grande âme de femme peut contenir. Dieu chéri, tu as créé de bien sublimes chefs-d’œuvre, je t’en rends gloire et je te remercie de me donner l’occasion de me grandir, de me convertir au contact d’une âme si grande, si blanche.  »

Mais le lendemain, la douleur avait envahi son âme  :

«  Avoir rencontré une âme telle que rêvée, mieux que rêvée, s’en éprendre naturellement, réciproquement sentir que nos âmes s’aimaient, se comprendre, s’aimer, s’encourager et cela… pour un moment… Mon Dieu, que tes desseins sont mystérieux, grands puisqu’ils font tant souffrir  ! Doux crucifié, avec Toi, sur la Croix, je veux souffrir. Tu ne pouvais mieux trouver pour martyriser mon pauvre cœur que j’aurais cru trop faible pour tant saigner. C’est pourtant la réalité et cette réalité est à l’aurore de ma vie d’artiste. Divine croix, que j’ai besoin de toi  ! Je laissai ma chère sœur Jeanne avec regret. Nous avons causé par un magnifique clair de lune à son premier quartier, la nature semblait heureuse, et nous, notre pauvre cœur battait bien fort de douleur… Marie, maman  ! Thérèse, ma petite sœur  !  »

Mais notre «  si Bon Dieu  » se contenta de l’acceptation du sacrifice. Une fois celui-ci fait de part et d’autre, le 28 septembre  : «  Ma Jeanne m’apprit que son directeur de conscience lui avait dit, en parlant de nous  : “ Il ne faut pas désunir ce qui est si bien uni ”  ». Il exulte «  Ma Jeanne que je rêvais, cette enfant si pure… tu me la donnes, Doux Maître. Nous t’aimerons à deux, Jésus, de toute notre âme. Que je suis heureux  !  »

Les quarante-cinq années de leur union n’ont pas démenti cette promesse. C’est dans la plus grande pauvreté qu’ils vont les vivre avec leurs six enfants, mais dans un bonheur familial difficile à concevoir pour nos contemporains.

Rodolphe Duguay et sa famille

Rodolphe Duguay et sa famille

LA RÉVÉLATION DE LA BEAUTÉ

Blancs Nuages, huile sur carton de Rodolphe Duguay

Blancs Nuages, huile sur carton.

Cette pauvreté a été la rançon de sa fidélité à sa vocation artistique. Les commandes d’œuvres religieuses pour décorer les églises, ou d’œuvres profanes au goût du jour, ne lui ont pas manqué, il les a généralement refusées, incapable de peindre lorsqu’il n’avait pas d’abord éprouvé l’instress et l’inscape devant le modèle qu’il lui fallait reproduire.

À un ami qui voulait, par sympathie, le convaincre de faire des tableaux qui auraient la faveur de ses contemporains, ne serait-ce que pour assurer le pain à sa famille, il répondit  : «  Je suis né paysagiste. Je dois rester paysagiste, que voulez-vous  ? Je n’ai pas choisi mes talents, c’est le Bon Dieu qui me les a donnés… En paysage, je sais que j’arriverai à mon but. Dans un autre genre, jamais. […] Je ferai mon possible pour faire de bons paysages, de beaux paysages. Les gens finiront par les aimer… J’en ferai des grands, de petits, à la portée de toutes les bourses, à l’huile, à l’aquarelle, à la gouache, et lorsque j’aurai fait mon possible, mon devoir, le Bon Dieu ne permettra pas que je crève de faim.  »

Charrieux de bois à la traîne par Rodolphe Duguay

Charrieux de bois à la traîne,
huile sur carton, 19 mars 1928.

C’est ce qu’il va faire. En cinquante années d’activité, on estime qu’il a produit près de 7500 œuvres, d’une très grande diversité de sujets et de palette, mais pour la plupart exprimant cette bonté de Dieu qui paraît dans la lumière du paysage, et qui vient couvrir paternellement la vie humaine, austère, rude, pénible. C’est une peinture rayonnant l’espérance. Boudée par la riche bourgeoisie, elle plaisait aux petites gens, en particulier à Nicolet  ; et il arrivait souvent que Duguay payât ses comptes par une de ses œuvres  !

La nécessité de gagner sa vie l’a tout de même conduit à exercer un autre art où il excella  : la gravure sur bois. Il la pratiqua pendant une bonne dizaine d’années pour illustrer les ouvrages de poésie édités par son épouse, mais aussi des livres d’instruction religieuse ou d’histoire du Canada. Il obtint des résultats étonnants, il trouva le moyen d’adapter la gravure sur bois afin d’en réaliser en plusieurs couleurs, pour chacune il devait graver une plaque dont le dessin coïncidait parfaitement avec celui des autres  !

Trois exemples de gravures sur bois par Rodolphe Duguay

Trois exemples de gravures sur bois. À gauche, La levée des filets, 27 mars 1926;
au centre  : Voici votre Roi, septembre 1937; à droite, Le dernier voyage, 1937.

Mais ces succès ne le détournèrent pas de la peinture. Il était parvenu à rendre la lumière d’un paysage d’une manière impressionnante, à rendre palpables le vent, les «  vibrations de l’air  », comme le lui avait dit Suzor-Côté. Ses ciels sont d’un réalisme non seulement dans la diversité des tons, en particulier des gris, rendue dans ses moindres détails, mais aussi dans le mouvement des nuages.

Arbres en fleurs par Rodolphe Duguay

Arbres en fleurs,
huile sur toile, 1938.

Nous ne pouvons vous présenter, faute de moyens techniques, que de piètres reproductions de ses œuvres, en espérant qu’elles attiseront votre intérêt. Sa maison et son atelier de Nicolet ayant été conservés et transformés en petit musée, ils sont un but idéal de sortie familiale que nous ne pouvons que vous recommander.

Rodolphe Duguay à la fin de sa vie.

Rodolphe Duguay à la fin de sa vie.

Au commencement des années trente, Duguay avait connu un début de célébrité jusqu’à ce qu’une critique péjorative et sans appel du Président de The Gazette, M. John Bassett, lui ferme les salons de la bourgeoisie montréalaise et que la crise économique affecte la clientèle. Il dut attendre 1966 pour renouer avec la renommée, à la faveur d’expositions organisées à Montréal. Pour la première fois de sa vie, il put payer ses dettes  ! Mais ce succès venait trop tard. Les commandes affluèrent, alors qu’il devenait de moins en moins capable de peindre  ; les premiers symptômes de ce que nous appelons aujourd’hui la maladie d’Alzheimer se manifestaient depuis 1962.

C’est donc au fur et à mesure que la Révolution tranquille et la révolution conciliaire progressaient que ce peintre de l’âme canadienne-française perdit peu à peu ses facultés. C’est à se demander si la maladie n’a pas été la conséquence de ces bouleversements sur son esprit et son cœur. Pouvait-il imaginer que son Canada français catholique, et surtout que l’Église allaient être submergés par une vague d’impiété et de scandales  ?

La fonte des neiges par Rodolphe Duguay

La fonte des neiges, huile sur bois.

Au 11 novembre 1924, on lit dans son Journal  : «  Par l’ouverture de ma petite fenêtre je pouvais voir passer les nuages, on aurait dit la lune qui se baladait dans le ciel. J’aurais volontiers contemplé ce sublime spectacle qui me rapprochait de Dieu, de Marie, de Thérèse et de tous les saints du Ciel. Si Dieu ne m’apparaissait pas dans toute la Nature, si chaque fois que je la contemple je ne pouvais faire un acte de Foi, j’aimerais et mille fois mieux être aveugle. Comme Vous Vous révélez, ô mon Dieu, dans cette sublime nature.  »

Rodolphe Duguay a su nous la peindre, cette sublime nature, grâce à son âme si pure et fidèle à la foi de ses pères. «  Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu.  »

Renaissance catholique, n° 190, août-septembre 2011
Audio-vidéo  : PI 7.3