La Contre-Réforme catholique au XXe siècle
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HISTOIRE SAINTE DU CANADA

Introduction

DANS cette synthèse de l’histoire du Canada français, nous voudrions faire œuvre nouvelle en établissant les grandes lignes d’une histoire volontaire, comme disait notre Père, l’abbé de Nantes, c’est-à-dire que nous nous appliquerons à rechercher les manifestations de la volonté divine dans les événements. Nous irons à l’encontre de l’histoire moderne, laïque et prétendument objective  : Dieu n’y joue aucun rôle, ne doit y jouer aucun rôle  ! Rien de plus faux, de plus subjectif et de plus subversif  ! Dieu est le maître de l’histoire et les événements s’enchaînent selon sa volonté et selon la soumission des hommes à son dessein. C’est ainsi que les nations ont pu naître, mais aussi peuvent disparaître.

Cette histoire volontaire du Canada français n’existerait pas sans l’œuvre et la doctrine de l’abbé de Nantes. Comme nous le montrerons, c’est à lui que nous en devons les deux principales clefs d’interprétation  : la compréhension de l’histoire de l’Église depuis le 19e siècle et celle des conséquences de la démocratie sur le nationalisme.

Sans ce double apport, en effet, il est impossible d’écrire une histoire du Canada français qui rende compte de tous les événements. Aucun de nos auteurs, en tout cas, n’y a réussi à ce jour pour deux raisons. D’une part, le rôle d’un des acteurs principaux de notre histoire, l’Église, leur reste incompréhensible sur l’essentiel. D’autre part, ils considèrent la démocratie comme un facteur indubitable de civilisation et de progrès  ; or, les faits sont là  : le développement et l’expansion du Canada français ne sont pas liés à la démocratie. Chacun y va donc de sa thèse soit pour essayer de nier cette évidence, soit pour condamner le nationalisme canadien-français, antidémocratique dans son essence  ! Tous nos historiens sont donc forcément partiaux, voire même partiels, dans l’exposé de notre histoire  ! De l’abbé Groulx aux auteurs contemporains, en passant par l’école de Montréal et celle de Laval, sans oublier les historiens marxistes, aucun n’est sans reproche  !

Cela ne nous empêchera pas de prendre chez les uns comme chez les autres, sans parti-pris, l’acquis de leurs recherches. «  Nôtre est le vrai  !  », aimait à dire l’abbé de Nantes. Mais la conclusion sera là, qui s’imposera à toute intelligence droite  : la foi catholique est nécessaire à la compréhension de notre histoire parce que notre Dieu a un dessein sur ce «  petit peuple  », et il l’a clairement manifesté.