La Contre-Réforme catholique au XXe siècle
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NOTRE-DAME DU CAP

I. Le curé de Notre-Dame du Rosaire

LA figure du curé Luc Désilets reste relativement méconnue  ; sa discrétion sur sa vie intime et sur le rôle qu’il a joué dans les événements extraordinaires que nous allons raconter, a découragé les premiers historiens du Cap-de-la-Madeleine. En attendant une étude systématique des archives du diocèse et du Sanctuaire, on peut affirmer pour le moins qu’il n’était pas un homme ordinaire. Il est né le 23 décembre 1831 à Saint-Grégoire, en face des Trois-Rivières, où ses parents sont des cultivateurs assez aisés puisque presque tous leurs huit enfants ont pu faire des études. À l’âge de quatorze ans, le jeune Luc, qui est l’aîné de la famille, entre au Séminaire de Nicolet où il poursuit brillamment ses études classiques puis ecclésiastiques sous la direction du futur Mgr Laflèche et du chanoine Olivier Caron.

L'abbé Luc Désilets

L’abbé Luc Désilets

De graves ennuis de santé retarderont son ordination sacerdotale jusqu’en septembre 1859. L’évêque de Trois-Rivières, Mgr Cooke, impressionné par ses talents littéraires, en fait son secrétaire particulier. Les témoignages abondent sur sa vertu, sur ses ardentes prières souvent accompagnées de larmes et de consolations. Il acquiert rapidement une grande influence sur son évêque  : on lui devrait en particulier le choix de l’abbé Laflèche, alors supérieur de Nicolet, comme vicaire général du diocèse et bientôt évêque coadjuteur. Cependant, sa mauvaise santé l’éloigne un temps des Trois-Rivières, pour des vicariats plus tranquilles, notamment à Drummondville où le curé ne tarit pas d’éloges sur lui.

En 1864, Mgr Cooke le rappelle pour prendre en charge la cure du Cap-de-la-Madeleine. Cette nomination s’explique par deux raisons  : d’une part, la proximité du Cap avec la cité épiscopale permet à l’évêque de le garder comme collaborateur occasionnel, d’autre part, ses vertus et ses ” stages ” en paroisse le désignent pour ce poste difficile. En effet, Sainte-Madeleine du Cap, privée de prêtre résident de 1729 à 1844, ne compte guère plus d’une dizaine de pratiquants réguliers pour mille habitants. Durant les vingt dernières années, quatre curés s’y sont dévoués sans le moindre résultat, tant l’esprit voltairien et le libéralisme y sont profondément implantés et la chicane répandue.

Le Cap fait irrésistiblement penser à la paroisse de Notre-Dame des Victoires à Paris avant que son curé, l’abbé des Genettes, ne reçoive du Ciel, le 3 décembre 1836, l’ordre de la consacrer au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie  ; ou encore, comment ne pas faire le lien avec les paroisses de nos temps d’apostasie.

L’HOMME DE DIEU

Dès son arrivée, le nouveau curé mesure toute l’étendue de sa tâche. «  Il me racontait souvent, écrit M. Duguay, les difficultés qu’il avait rencontrées au commencement de son ministère. Une dizaine dans la paroisse, l’écoutaient à peine. Les autres avaient été accaparés par les libéraux des Trois-Rivières  ; et quelquefois il est arrivé que, après le sermon, certain personnage influent comme le secrétaire de la municipalité, parlait à l’encontre à la porte de l’église.  »

Devant cette obstination, M. Désilets annonce à ses paroissiens que, puisqu’ils ne veulent pas l’écouter, il ne parlera plus, mais que Dieu parlera à son tour  ! Quelques jours plus tard, des sauterelles envahissent la paroisse et dévorent tout. Les bons paroissiens viennent après la grand’messe du dimanche, demander des prières pour conjurer le fléau. «  Non, répond le curé, ce n’est pas ainsi, après la messe du dimanche, qu’on demande des prières dans un cas aussi grave. Ces choses ont besoin d’une annonce spéciale faite au prône. D’ailleurs, ce n’est pas vous qui avez attiré le fléau de Dieu, car, vous, vous m’écoutez  ; mais vous irez dire “ aux autres “, de venir au moins une dizaine demander des prières publiques, et je ferai l’annonce le dimanche suivant.   » Les paroissiens font valoir que d’ici le dimanche suivant tout serait détruit  ! Inflexible, l’abbé Désilets répond avec autorité  : «  Priez bien la Sainte Vierge, dites votre Rosaire, et vous serez protégés.   » On obéit. Au prône du dimanche suivant, religieusement écouté cette fois, le curé appelle à la conversion, récite les prières, et le fléau cesse.

LE CURÉ DE LA SAINTE VIERGE

L'église de 1714 (aujourd'hui le petit sanctuaire) et le presbytère, avant 1891.

L’église de 1714 (aujourd’hui le petit sanctuaire)
et le presbytère, avant 1891.

Cependant, la paroisse ne fut pas convertie pour autant. Plus tard, le bon curé comprendra que cet endurcissement n’était permis par Dieu que pour mieux manifester la puissance de sa Mère  ; mais sur le moment, il s’en désolait de toute son âme ardemment sacerdotale.

La veille de la fête de l’Ascension 1867, il était resté toute la journée à la sacristie, attendant en vain que des paroissiens se présentent pour se confesser comme il les en avait exhortés le dimanche précédent. Avant de s’en retourner au presbytère, il entra à l’église lorsqu’un bruit de bousculade dans les bancs attira son attention. Un gros porc sale et morveux montait à l’autel latéral de la Confrérie du Rosaire dominé par la statue de la Sainte Vierge. Dans son groin, il tenait un rosaire qu’il mâchonnait en le traînant sur le parquet. Le curé chassa l’animal, mais une pensée s’imposa à son esprit  : «  Le peuple laisse tomber le rosaire et les porcs le ramassent.   »

La discrétion de l’abbé Désilets ne nous permet pas de savoir ce qui se passa dans son âme, lorsque, revenu au pied de l’autel, il contempla la belle statue de la Sainte Vierge, offerte par un paroissien en 1854 à l’occasion de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, et qui est sur le modèle de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse. Toujours est-il qu’il Lui promit de consacrer sa vie à faire connaître la Confrérie du Rosaire et à répandre la récitation du chapelet non seulement dans sa paroisse, mais par tout le diocèse et partout où sa voix serait entendue.

La renaissance catholique au Cap-de-la-Madeleine date de ce jour… Trois ans plus tard, la petite église trop souvent vide auparavant, était devenue trop petite pour contenir la foule qui s’y pressait chaque dimanche. Cinq ans plus tard, la Confrérie du Rosaire comptait 3 000 membres dans le diocèse dont 300 dans la paroisse du Cap.

À partir de cette époque, presque tous les sermons du curé eurent la Sainte Vierge comme sujet  ; ils duraient d’ordinaire une heure et demie. Sa parole était facile et correcte  ; l’argumentation claire, à la portée de tous, même dans les questions ardues.

Des grâces spirituelles et temporelles obtenues par l’intercession de Notre-Dame du Rosaire, au moyen de roses bénites à l’autel de la Sainte Vierge, ont beaucoup contribué aussi à l’expansion de la Confrérie.

LA LUTTE CONTRE LE LIBÉRALISME

Mgr Laflèche

Mgr Laflèche

Cependant, le redressement ne s’est pas fait sans mal. Une longue lettre du curé Désilets à Mgr Laflèche au lendemain des élections de 1871 qui virent la victoire du candidat ultramontain, nous donne une idée des luttes incessantes du curé. Citons-en quelques extraits  : «  À considérer la lutte dans le comté, il était facile de voir qu’un immense intérêt était en jeu et que le Bien et le Mal étaient aux prises. Au dire de tous, jamais on ne vit, au moins en cette paroisse, une pareille excitation, une telle rage. Il y avait d’un côté comme un esprit diabolique qui poussait les gens évidemment  ; de l’autre une constance et un courage vraiment surprenants. Ç’a été de même, paraît-il, un peu partout. Mais je crois que l’enfer avait un intérêt particulier à souffler au Cap le feu plus violemment qu’ailleurs. (…) avant que la lutte ne s’ouvrît, j’avais persuadé Anselme [le candidat catholique intégral] d’entrer dans la Confrérie du très Saint Rosaire, très ancienne et célèbre Confrérie qui prie spécialement pour le triomphe de l’Église et qui a déjà opéré ici plusieurs choses prodigieuses. Je l’y avais admis privément. Je suis convaincu que le démon a voulu se venger contre la paroisse où est la Confrérie, de la défaite que la Sainte Vierge lui a infligée dans le Comté.  »

Après avoir démontré le rôle déterminant du clergé dans la victoire du parti des catholiques intégraux, le curé Désilets fait une saisissante description des désordres de sa paroisse au lendemain de la campagne électorale. «  Mais on ne va pas à la guerre sans qu’il en coûte, et après la victoire, il faut parler des blessures. (…) Comme je vous l’ai déjà dit, depuis plusieurs années, ça allait de mieux en mieux au Cap. Je devais ce changement au Saint Rosaire. L’année précédente avait été la meilleure. J’entendais environ 200 confessions par mois, je communiais environ 160 ou 170. C’était assez beau pour une population présente de 700 communiants. L’union, la concorde la plus entière régnait, les mœurs se réformaient, la piété même florissait. On a mis tout à feu et à sang. La paroisse offre littéralement le tableau d’un champ où poussait une assez belle récolte, et où l’orage a tout renversé, tout rasé  ; c’est lamentable. Cela est l’œuvre de quelques hommes. On a fait assemblée sur assemblée, le soir dans plusieurs quartiers de la paroisse, où on a péroré tout à l’aise. Il y a eu de la boisson, de la corruption, des sacres, des cris, des chicanes entre mêmes partisans, des calomnies affreuses et sans fin, des fraudes, des paroles, des discours contre l’influence politique de l’Église, et enfin de la violence.  » Avec sagesse, le curé Désilets décide de reporter sine die la construction de la nouvelle église paroissiale jusqu’à ce que les passions soient calmées.

Lors d’une autre élection, une bande armée vint pour empêcher le vote au Cap, désormais toujours acquis au candidat ultramontain. Les hommes de la paroisse, après avoir pris l’avis de leur curé, s’organisèrent  : un bon nombre se confessa le matin. Après l’ouverture de la votation, la bande armée s’avança vers le bureau de vote, non loin du presbytère. Les paroissiens sortirent alors des maisons voisines et firent face en bon ordre aux étrangers. Les deux troupes s’approchèrent, silencieuses, à quinze pas l’une de l’autre. Elles demeurèrent face à face quelques instants puis les étrangers, intimidés, retraitèrent.

En 1872, le curé Désilets acheta avec ses trois frères cadets Le Journal des Trois-Rivières. Publiciste prolixe au style vigoureux, il fera de ce journal l’organe officieux et influent des catholiques intégraux. C’est lui aussi qui persuada Mgr Laflèche, évêque de Trois-Rivières, de succéder à Mgr Bourget, comme chef de file des ultramontains.

C’est dans ce contexte qu’eut lieu le miracle du Pont de glace, durant la semaine du 19 mars 1879. On comprend mieux maintenant le respect des paroissiens pour les instructions de leur curé et leur confiance en sa prière.

AGRANDISSEZ  !

La petite église primitive.

La petite église primitive.

En 1872, l’église du Cap-de-la-Madeleine, ouverte au culte depuis plus d’un siècle et demi, est devenue trop petite pour une population dépassant le millier d’habitants. Mgr Laflèche ordonne alors la construction d’une église plus vaste. Pour de nombreuses raisons, mais surtout à cause des difficultés de la paroisse et de la pénurie des ressources, l’exécution de cette demande épiscopale est remise d’année en année jusqu’en 1877. Et même à cette date, les discussions du conseil de fabrique sont animées  : Quelle solution la plus économique adopter  ?

Finalement, le sol du Cap étant sablonneux, on prend le parti d’acheter la pierre nécessaire à Sainte-Angèle, localité située sur l’autre rive du fleuve. Mais, par mesure d’économie, il est décidé d’une part que le transport de la pierre aura lieu l’hiver sur le fleuve glacé et que, d’autre part, l’ancien sanctuaire sera démoli afin d’en récupérer un maximum de matériaux.

UN VŒU DÉTERMINANT

Malheureusement pour ce projet, l’hiver 1878-1879 est des plus doux. Le curé Désilets fait alors prier la paroisse pour obtenir un temps “clément”, c’est-à-dire en l’occurrence, un grand froid durable  ! À la fin de chaque grand-messe, on récite le chapelet à cette intention. Les semaines, les mois passent, mars 1879 arrive  : humainement parlant, il n’y a plus d’espoir.

L’abbé Désilets est certainement de ceux qui répugnent à voir détruire le vieux sanctuaire chargé d’histoire, témoin de tant de misères, lieu de tant de grâces obtenues par la prière à la Vierge Marie. Le vicaire, l’abbé Duguay, rapporte que son curé fait donc un vœu. Il promet que «  si la Sainte Vierge obtient à la paroisse, à cette saison avancée, un pont de glace pour charroyer la pierre nécessaire pour élever la construction de la nouvelle église jusqu’aux fenêtres, il conservera la vieille église pour la dédier et la faire servir à perpétuité à rendre un culte d’honneur à l’auguste Reine du Ciel sous le vocable de Notre-Dame du Très Saint Rosaire.  »

Et le Ciel répond à son attente  : «  Le soir du 14 mars, après une semaine de temps doux, un vent violent du nord-est brisa les glaces du lac Saint-Pierre et des bords du fleuve, et les poussa pêle-mêle dans l’anse du Cap où elles s’entassèrent jusqu’à la rive sud. Entre les deux rives distantes d’un mille et demi environ, un chemin fut nivelé, balisé, arrosé d’eau pour en faire une glace solide. Trente à quarante hommes y travaillèrent jusqu’à une heure avancée de la nuit avec très peu de lumière et sans le moindre accident. La foi de ces hommes en la protection de Marie était telle qu’ils travaillaient sans aucune crainte au milieu de tous les périls. Pleins d’assurance, ils disaient en regardant la lumière qui brillait à l’une des fenêtres du presbytère  : ” Il n’y a pas de danger, Monsieur Désilets dit son chapelet  ; ce sont les Ave Maria qui nous portent “.  »

Pont de glace - Notre-Dame du Cap

AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA

Après avoir balisé le pont de glace, les paroissiens commencent le transport de la pierre. Ils travaillent dur, mais Monsieur le Curé a su trouver les paroles qui encouragent, qui enthousiasment et font oublier la peine  :

«  Vous allez donc travailler ensemble comme des enfants dans le champ du père de famille pour l’établissement de la vigne du Seigneur. Oh  ! que cela va être beau, et que le Bon Dieu va vous bénir  !… Oui, c’est cela, vous allez charrier seulement pour le Bon Dieu, pour la Sainte Vierge, pour sainte Madeleine, toute votre pierre, sous la protection de saint Joseph, et il faut la charrier jusqu’à la fin, sans délai, de jour et de nuit, pour terminer au plus tôt… Persévérez jusqu’à la fin des travaux, et Dieu vous bénira dans vos efforts et vos espérances, comme je vous bénis en son Nom, de tout mon cœur, et vous réussirez  !  »

L'église construite avec les pierres transportées sur le pont de glace de 1879 et la 1re église.

L’église construite avec les pierres transportées sur le pont de glace de 1879 et la 1re église.

Le transport débute le 19 mars, en la fête de Saint-Joseph. Le curé, malade, ne peut participer lui-même au labeur qui dure toute une semaine. Les témoins des événements soulignent tous le bon ordre dans lequel tout se déroule, sans la moindre chicane. Jusqu’à 175 voitures sont réquisitionnées pour le transport de 160 toises de blocs de pierre de 3 000 livres. Pendant que les hommes sont à la peine, les femmes et les enfants se relayent à l’église pour réciter sans cesse le chapelet. Il est évident pour tous que ce “ pont de glace ” est la réponse du Ciel au vœu de leur pieux curé. Le dernier bloc transporté, le soleil fait fondre neige et glace, et le “ pont ” est emporté.

Mgr Laflèche juge bon d’écrire au curé Désilets  : «  Le Bon Dieu vous a véritablement favorisé pour le transport de votre pierre d’église. C’est une nouvelle preuve que la foi peut tout, même jeter une montagne à la mer et cent cinquante toises de pierre d’un côté à l’autre du Saint-Laurent. Vous avez retardé le printemps d’au moins quinze jours. Après avoir convenablement remercié le Seigneur, il faudra le prier de réparer les inconvénients de ce retard.  »

LE FONDATEUR DU PÈLERINAGE

La nouvelle église paroissiale sera solennellement bénite en la fête du Saint-Rosaire, le 3 octobre 1880. C’est au début de l’hiver suivant, en 1881, que le bienheureux Père Frédéric, chassé de Québec à cause d’un sermon anti-libéral, s’installe au presbytère du Cap-de-la-Madeleine. Une réelle amitié spirituelle unit aussitôt les deux hommes  : le curé Désilets n’a pas tardé à confier au saint franciscain les pensées et les rêves qu’il avait tus à ses amis les plus intimes. Le pieux religieux mit toute son ardeur à encourager son nouvel ami aussi scrupuleux dans l’exercice de sa charge pastorale que brave dans la lutte contre les Libéraux  ! De ces longues conversations, le curé du Cap-de-la-Madeleine ressortit bien décidé à faire du vieux sanctuaire un lieu de dévotion à Notre-Dame du Rosaire, comme il l’avait promis à la Sainte Vierge pour obtenir le pont de glace. D’ailleurs, une guérison extraordinaire n’avait-elle pas déjà été attestée durant l’été 1881  ?

Le bienheureux Père Frédéricen 1888.

Le bienheureux Père Frédéric
en 1888.

C’est l’année suivante, 1882, après le départ du Père Frédéric, qu’un premier pèlerinage venant de Trois-Rivières fut organisé par le curé de la cathédrale, le chanoine Cloutier, futur évêque du diocèse.

En 1882, on installa les cloches sur la nouvelle église paroissiale  ; le général de Charette, en visite au pays, accepta d’en être le parrain. Les sympathies du curé Désilets avec les Légitimistes français ne font aucun doute puisque, apprenant la maladie du comte de Chambord en 1883, il lui fit parvenir à Frohsdorf de ces roses bénites à l’autel de la Confrérie. Un remerciement de la comtesse de Chambord atteste que leur réception coïncida avec une amélioration subite de l’état du malade.

De l’été 1883 à l’été 1885, le curé Désilets fut le représentant à Rome de Mgr Laflèche pour défendre les intérêts du diocèse. Malgré son absence, un flot croissant de pèlerins individuels continuait à venir entre les pèlerinages publics plus ou moins considérables. De bouche à oreille, on se racontait des faveurs remarquables obtenues au Sanctuaire  ; les roses bénites étaient souvent l’instrument des bienfaits que Notre Dame déversait au Cap-de-la-Madeleine.

La construction d’un quai à proximité des terrains de la fabrique facilita l’afflux des pèlerins  ; le 30 octobre 1887 un premier bateau de pèlerins était accueilli.

Durant l’hiver 1887, on procéda à la réfection du Sanctuaire qui fut repeint tandis que le maître-autel était doré. Pendant ce temps, les rapports de guérisons et de grâces extraordinaires affluaient  ; une lettre du Michigan attestant la guérison merveilleuse d’un enfant, prouvait déjà que la renommée du sanctuaire avait traversé les frontières.